Du pasteur John Russell à la FCI : histoire du Parson
L’histoire du Parson Russell commence en 1819, quand le révérend John Russell achète à un laitier une petite chienne blanc et feu nommée Trump. Sélectionnés pendant des décennies pour chasser le renard, ses descendants n’obtiennent pourtant leur reconnaissance officielle que très tard : 1990 au Kennel Club britannique, 2001 à la FCI.
Un pasteur du Devon et une chienne nommée Trump
John Russell naît en 1795 et devient pasteur anglican dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre. Dans l’Angleterre rurale de l’époque, un homme d’Église peut aussi être un cavalier passionné, et c’est son cas : la chasse au renard l’occupe autant que la paroisse. Son surnom, « Parson Jack », associe sa fonction de pasteur au diminutif familier de John. La race lui doit ses deux noms successifs.
En 1819, alors qu’il est encore étudiant, il remarque chez un laitier une petite chienne blanche marquée de feu autour des yeux, des oreilles et à la base de la queue. Il l’achète. Trump devient la souche de son élevage, et sa silhouette reste encore aujourd’hui la référence que les amateurs de la race évoquent volontiers.
Une sélection taillée pour la meute et le terrier
Le cahier des charges était dicté par la chasse. Le terrier devait suivre au trot les chevaux et les chiens courants sur de longues distances, ce qui explique ses jambes et son allure de coureur. Il devait ensuite, quand le renard se réfugiait sous terre, descendre dans le boyau pour le déloger en aboyant, sans le tuer ni se faire tuer : d’où une poitrine assez étroite pour passer, et un mental à la fois hardi et contrôlé.
La robe blanche dominante répondait à un besoin simple : distinguer d’un coup d’œil le chien du renard à la sortie du terrier, quand cavaliers et chiens courants arrivent en nombre. Ce double usage, coureur en surface et travailleur sous terre, a fixé une morphologie que le standard FCI décrit toujours, et un caractère du Parson qui n’a pas changé : sûr de lui, énergique, gai, hardi et doux.
De Parson Jack à Parson tout court : l’histoire d’un nom
Pendant plus d’un siècle, les terriers de type Russell circulent sans reconnaissance officielle, avec des tailles et des proportions très variables. Le Kennel Club britannique reconnaît enfin la race le 9 janvier 1990, sous le nom de Parson Jack Russell Terrier. En 1999, le club de race demande que le nom devienne Parson Russell Terrier, et c’est sous ce nom que la FCI reconnaît la race le 4 juin 2001.
Le changement a un effet concret : il sépare mieux le chien haut sur pattes, fidèle au type de Trump, du Jack Russell plus bas. Les États-Unis suivent en 2003, quand l’American Kennel Club rebaptise son propre « Jack Russell Terrier » en Parson Russell Terrier. Le standard FCI actuel, numéro 339, date du 22 août 2017 et fixe la hauteur au garrot idéale à 36 cm pour le mâle et 33 cm pour la femelle.
Le cousin développé en Australie
Pendant que les Britanniques fixaient le type haut sur pattes, une autre branche des terriers de Russell évoluait en Australie. Plus courte, plus longue que haute, elle a donné le Jack Russell du standard FCI 345, publié en 2012 et rangé parmi les petits terriers. Les deux races partagent une origine commune, des tests ADN communs et un même goût immodéré pour tout ce qui se terre.
En Belgique, ces chiens ne sont pas inscrits dans un livre britannique mais au LOSH, ouvert en 1883 par la Société Royale Saint-Hubert, fondée l’année précédente. Un pedigree LOSH retrace trois générations : de quoi vérifier que le chiot descend bien de Parson et non d’un mélange des deux types.
Le Parson est-il encore un chien de chasse ?
Sur le papier, oui : le standard le décrit comme un chien sélectionné pour chasser le renard et apte au travail sous terre. L’épreuve de travail est cependant facultative à la FCI, et l’immense majorité des Parson vivent aujourd’hui en famille. L’instinct, lui, n’a pas été effacé par deux siècles de sélection : un Parson suit une piste, gratte à l’entrée d’un terrier et part sur un lièvre sans demander la permission.
Je n’ai jamais chassé avec les miens, et pourtant presque chaque promenade en Ardenne finit le nez au fond d’un terrier. Cet héritage se gère plutôt qu’il ne se combat : un rappel solide, une longe dans les zones à gibier, et des activités qui donnent un exutoire à ce flair, comme le pistage ou l’agility.
Questions fréquentes
Dans quel but a été sélectionnée la race ?
Pour la chasse au renard. Le terrier accompagnait la meute à cheval, puis descendait sous terre pour faire sortir le renard réfugié dans son terrier. Ses longues jambes et sa poitrine étroite viennent directement de ce double travail.
Pourquoi le Parson Jack Russell a-t-il changé de nom ?
Le club de race britannique a demandé en 1999 de retirer « Jack » du nom officiel. La FCI a reconnu la race sous le nom de Parson Russell Terrier en 2001. L'appellation actuelle évite de la confondre avec le Jack Russell, une race distincte et plus basse.
Le Parson Russell est-il un chien de chasse ?
Par son origine et son standard, oui, même si l'épreuve de travail reste facultative. La plupart des Parson actuels sont des chiens de famille, mais leur instinct de chasse est intact. Il se canalise par l'éducation et par des activités de flair.
D'autres sentiers
- La raceTaille, poids et robe
- La raceParson Russell Terrier
- La raceParson ou Jack Russell
- Alimentation et équipementJouets résistants pour terrier
- Caractère et éducationCaractère du Parson Russell
- Chiot et adoptionTrouver un éleveur de Parson Russell en Belgique
- Santé et soinsEspérance de vie du Parson et soins du chien âgé