Santé du Parson : PLL, ataxies, surdité, tests ADN
Les maladies du Parson Russell les mieux documentées sont héréditaires : la luxation primaire du cristallin (PLL), deux ataxies, la SCA et la LOA, et la surdité. Pour les trois premières, un test ADN des parents suffit à éviter de produire des chiots atteints. C’est donc chez l’éleveur, avant la saillie, que se joue l’essentiel de la santé de votre futur chien.
Une race solide, classée en catégorie 1
Le Parson Russell Terrier n’a pas de problème de conformation signalé : le Royal Kennel Club le range en catégorie 1 de son Breed Watch, celle des races sans excès morphologique. Pas de museau écrasé, pas de dos trop long, pas de peau plissée : c’est un chien de travail resté proche de sa fonction, et le standard FCI prévoit toujours pour lui une épreuve de travail facultative. Cette rusticité se lit dans son espérance de vie, au-dessus de la moyenne des chiens de race. Ses fragilités sont ailleurs, dans quelques gènes bien identifiés.
PLL : le cristallin qui sort de sa place
Dans l’œil, le cristallin est tenu par de fines fibres. Dans la luxation primaire du cristallin, ces fibres cèdent et la lentille se déplace. Si elle bascule vers l’avant, elle bloque l’écoulement du liquide de l’œil et fait grimper la pression : c’est un glaucome, douloureux, qui menace la vision. La race figure parmi les plus touchées.
La mutation en cause se situe sur le gène ADAMTS17 et se transmet sur un mode autosomique récessif. Un chien qui porte une seule copie est porteur ; un chien qui en porte deux est atteint. Deux porteurs accouplés donnent en moyenne un quart de chiots atteints. Le test classe chaque reproducteur en sain, porteur ou atteint, et permet d’accoupler un porteur avec un sain sans risque de chiot malade.
SCA et LOA, deux troubles de la coordination
L’ataxie spinocérébelleuse, ou SCA, liée au gène KCNJ10, apparaît entre deux et six mois. Le chiot marche de façon ébrieuse, lève exagérément les pattes, perd l’équilibre ; la maladie progresse, souvent accompagnée de myokymie (des contractions musculaires en vagues) ou de crises. La plupart des chiens atteints sont euthanasiés jeunes. Elle touche aussi le Jack Russell et le Russell Terrier.
L’ataxie à déclenchement tardif, la LOA, se manifeste chez le jeune adulte, avec une démarche de plus en plus désordonnée. Comme la SCA, elle se dépiste par un test génétique chez les parents.
Surdité, yeux, rotules
La surdité figure parmi les affections décrites chez la race, comme chez d’autres chiens à robe majoritairement blanche. Un chiot sourd d’une oreille passe facilement inaperçu ; un chiot sourd des deux ne réagit ni à son nom ni au bruit d’une gamelle derrière lui. Le test auditif électrophysiologique, dit BAER, objective le problème oreille par oreille.
D’autres troubles sont cités dans la littérature sur la race : cataracte juvénile, dystrophie cornéenne, atrophie progressive de la rétine, décollement du vitré, luxation de la rotule et hyperuricosurie, qui favorise les calculs d’urate. Ces affections ne se dépistent pas toutes par ADN : l’examen oculaire des parents par un ophtalmologue agréé complète les tests.
Les analyses à exiger avant d’acheter
Le Royal Kennel Club distingue deux niveaux pour les reproducteurs :
| Affection | Dépistage | Apparition | Niveau RKC |
|---|---|---|---|
| PLL | ADN, gène ADAMTS17 | âge adulte | Good Practice |
| LOA | ADN | jeune adulte | Good Practice |
| SCA | ADN, gène KCNJ10 | 2 à 6 mois | Best Practice |
| Maladies oculaires | examen BVA/KC/ISDS | variable | Best Practice |
Je ne prendrais pas un chiot dont les parents n’ont pas au minimum leurs résultats PLL et LOA sur papier, avec le numéro de puce du chien testé. En Flandre, le Fokkerijbesluit impose depuis le 1er juillet 2025 des tests ADN ou phénotypiques des parents pour toute vente avec pedigree. Ailleurs, la demande reste à votre initiative : un éleveur agréé sérieux montre ses résultats avant même qu’on les réclame. Le pedigree LOSH retrace trois générations, mais il ne garantit pas la santé à lui seul.
Signes qui doivent alerter
- Œil : rougeur, larmoiement, paupière mi-close, œil qui paraît voilé ou plus gros que l’autre.
- Démarche : chiot qui titube, chute dans les virages, lève les pattes trop haut ; jeune adulte qui devient maladroit sans raison.
- Audition : absence de réaction aux bruits hors de son champ de vision, sommeil très profond.
- Urines : efforts répétés, urines teintées.
Un œil rouge et douloureux chez un Parson se montre au vétérinaire le jour même : avec la PLL, quelques heures comptent pour sauver la vision. Au retour d’une longue course dans les Ardennes, je mets une démarche raide sur le compte de la fatigue, mais une maladresse qui dure plusieurs jours n’a rien de normal.
Questions fréquentes
Ce terrier britannique souffre-t-il de maladies héréditaires ?
Oui, quelques-unes, mais elles sont bien connues et la plupart se dépistent. La PLL, la SCA et la LOA ont chacune leur test génétique. Un chiot issu de parents testés a très peu de risque de les développer.
Quels tests ADN exiger de l'éleveur ?
Au minimum PLL et LOA, le niveau Good Practice du Royal Kennel Club. Le test SCA et un examen oculaire officiel des parents font partie du niveau Best Practice. Demandez les certificats avec le numéro d'identification des chiens testés.
Qu'est-ce que la luxation du cristallin chez le chien ?
La lentille de l'œil se détache des fibres qui la maintiennent et se déplace. Vers l'avant, elle provoque une hausse de pression très douloureuse qui peut détruire la vue. Chez le Parson, la forme primaire est héréditaire et liée au gène ADAMTS17.
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